Matin brun

Productions de pièces de Théâtre Gestuel, mime, ombres chinoises, marionnettes

Matin brun

Spectacle d’ombres chinoises, petite forme pour petite salle (ou café, ou salon…)

Matin Brun

De Franck Pavlov Par la compagnie Tout CouR Avec Fabienne Chazel et Jean Christophe Cariou Musique François Gallix

Matin brun est une nouvelle universelle contre la pensée unique et ce que Pavloff appelle les « petites compromissions». Ce livre a une portée universelle car les indications spatio-temporelles ne sont pas détaillées. Le livre a connu un grand succès en 2002(plus d’un million d’exemplaires vendus) après la surprise du premier tour de l’élection présidentielle où le candidat d’extrême-droite, Jean Marie Le Pen fut qualifié pour le second tour. Depuis, cette nouvelle est régulièrement l’objet de discussions et de travaux dans les écoles.

Résumé

L’État Brun, organisation politique fictive, interdit progressivement la possession de chiens ou de chats non bruns, pour des raisons officiellement scientifiques. Le héros du livre et son ami Charlie, ne se sentant pas concernés, trouvent des raisons d’approuver cette loi. Cependant, un nouveau décret impose l’arrestation de tous ceux qui auraient eu un animal non brun dans le passé, ainsi que leurs familles et leurs amis. Or les deux compagnons ont déjà possédé des animaux non bruns : un chat blanc à taches noirs pour le personnage principal et un labrador noir pour son ami Charlie.

Note d’intention

La montée de l’intolérance actuelle nous a donné envie de remettre « Matin brun », au goût du jour car la pièce met en exergue le terreau propice à l’avènement du fascisme et l’allégorie qu’elle propose permet une mise à distance favorable au questionnement.

Nous souhaitons, à travers le spectacle vivant, créer des espaces de discussion, d’échanges dans un contexte où de nombreux tabous de société se sont cristallisés.

Notre objectif était d’adapter sa forme pour pouvoir jouer n’importe où, dans les salons, les cafés, les lieux alternatifs, grâce à un dispositif d’ombres chinoises très simple à installer.

(4 m2 sont suffisants pour faire partager cet univers d’ombres et de terre)

Cela fait suite aussi à 2 années de contraintes sanitaires drastiques qui nous ont conduit à entrevoir les lieux de représentation de manière renouvelée : à l’instar de la rue à reconquérir en surfant sur les réglementations en vigueur à l’instant « t », nombre d’artistes sont convaincus que c’est « chez les gens » que le spectacle vivant va pouvoir se déployer.

La démarche artistique

Nous renouons par là-même avec l’une des origines de l’ombre chinoise : un théâtre populaire d’origine turque, le karagöz, qui offrait son point de vue sur la société.

Notre entrée dans ce texte « Matin brun » a consisté à penser ce cadre qui n’a de cesse de se refermer sur les protagonistes. Comment le rendre ? pour que les marionnettes peu à peu perdent leur espace et leur possibilité de mouvement et que l’oppression du cadre se traduisent sur l’écran.

Utiliser la terre glaise de couleur brune est apparu une évidence : couvrir peu à peu la surface de l’écran pour que le personnage principal, le narrateur, se retrouve recroquevillé, dans un espace restreint de lumière.

Le contraste entre le brun de l’ombre et la lumière renforce le caractère obscurantiste du cadre qui devient de plus en plus épais au gré de l’histoire.

De plus, la terre appliquée au rouleau permet de modifier au gré du texte, les décors dans lesquels les personnages évoluent, juste en dessinant sur la terre humide. Elle permet aussi d’effacer symboliquement, ce qui disparaît au cours de l’histoire, comme les livres des bibliothèques, ou d’évoquer le sang qui coule ou les barreaux de la prison.

Notre choix étant de travailler sur un écran, qui, rapidement, risque d’enfermer, de limiter le spectateur dans une posture passive comme devant la TV, nous avons ressenti le besoin de décloisonner le jeu et de passer devant et derrière l’écran.

Notre intention est de faire résonnance avec notre ressenti actuel et de concerner les spectateurs en venant les solliciter dans leur espace à eux. Casser ce cadre qui laisse le spectateur à sa place…pour à la fin tenter de l’associer dans les questionnements que posent l’histoire elle-même, pour à la fin créer cet espace de réflexion commune voire proposer aux spectateurs d’intervenir sur le cours de l’histoire.

Jouant avec les cadres à tous les étages de la proposition, la narration se fait aussi à travers un petit écran accolé à l’écran principal qui permet un focus du regard du spectateur sur la bouche, les yeux, voire les oreilles du narrateur.